Deux poèmes pour Catherine G.

Quand tu m'écoutes parler
Tu es sur ta chaise
Moi sur la mienne
Tu m'écoutes
Je parle
Tu me bouscules dans mes certitudes
Tu m'enfonces dans mes craintes
Et l'objet convoité de mes désirs
Est assis de l'autre coté
D'un mur invisible

Pourtant
Ce dont j'aurais besoin
C'est d'un autre langage que celui des mots
L'espoir d'un regard
La douceur d'une caresse
Le réconfort de deux bras qui se referment
L'absolution du silence ou presque
Le bercement de deux cœurs
Sur un rythme ancien.
Tout au plus un moment de quiétude
Où l'on est ni soi-même ni l'autre
Ni la somme des deux mais autre chose
Un puits qui vous traverse et au fond duquel se devine
Une eau claire, limpide et calme si ce n'est,
Un léger mouvement, une ondulation, une respiration,
D'un dieu ancien, oublié et sans prétention
Qui le temps d'un battement de cils
Vous entrouvre les portes de son royaume
Je pense à cela quand amicalement
Tu me convies à rester
Je pense à cela comme en un rêve
Comme une bulle de savon qui éclate et se disperse
Je ne puis accepter.
Si tel était le cas
Je me blottirais sur la couche du dessous
Je ne verrais le plafond que comme un mur qui enferme
J'entendrai ta respiration comme un ressac
Qui joue avec les victimes d'un naufrage
Et le goût dans ma gorge, serait celui des défaites
Qui dans une brume incertaine me jetterait
Dans les dernières minutes de ton sommeil

Février 1993



Près de toi la source se tarit
Décrire les batailles sanglantes
Que ton sourire, ton regard
Tes paroles, toi, ont causé dans mon cœur
Ne m'est lors plus possible.
Ce que je voudrais chercher auprès de toi,
C'est le don de soi et son retour
Amour, désir et partage
Création de buts communs
Dessins de lendemains
Lancement au futur de défis d'espoir
De craintes et de bonheur.
Mais malgré cette pression
Qui enfle et me déchire
Qui souffle et explose en moi
Le risque d'un refus
La crainte de perdre ton amitié
De t'entendre refuser les plaintes et les prières
L'ardeur et le désir
Le risque de me soustraire pour le moins
Le bonheur de t'aimer à distance
Et s'affermit en moi la volonté
De ne rien savoir, de ne rien faire
Qui puisse souffler cette flamme
Qui devant toi,
D'une froide chaleur s'anime
S'allonge et se tasse
Prend d'un géant la taille
Pour se retrouver nain timide
Peureux et semblant encore chercher
L'ombre de son précédent état.
Mes yeux qui plongent vers le gouffre
Puis qui découvrant ton visage
Se lèvent vers le ciel
Se projettent vers ces étoiles qui nous éclairent
Qui souvent sont deux dans leur course prodigieuse
Qui se tiennent compagnie et se réchauffent de leur rayons
Pour nourrir leur monde
Pour générer la vie
Pour illuminer le Chaos
D'une prétentieuse étincelle.

Mars 1993

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