A Marthe SAMB

Une Plainte qui soupire et s'enferme
Et soupire de s'enfermer et s'enferme pour soupirer.
Une voix qui chevrote et soupire de s'ouvrir
Et s'ouvre de soupirer la plainte qui s'enfermait.
Une plainte qui s'enfuit tel un soupir
Un doux soupir si doucement ouvert.
Un cœur qui s'ouvre et se vide
Et sonne creux et sonne le vide.
Un bruit sourd qui retentit et ferme le vide
Et gronde sans repentir contre la plainte qui s'enfuyait.
Une plainte qui meurt et s'échoue
Et meurt de s'échouer et s'échoue pour mourir.
Une grève qui tremble et qui meurt de ses vagues
Et de ses vagues amplifie la plainte qui s'échouait
Une plainte qui s'enfle tel un râle
Un râle profond si profondément noyé
Un cœur qui se noie et s'enfuit
Et tonne fort et tonne le trop plein
Une mélodie qui grandit et ouvre les vannes
Et absorbe sans réfléchir :
La plainte mélodique qui s'enfle et s'offre
Tel un cœur sur une grève
Baigné doucement par les flots

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