Extrait :
La nuit fut remplie de cauchemars. Dans un poste de commandement que je n’avais jamais vu et que personne n’a jamais mis en place, je me retrouvai engoncé dans un costume de général d’opérette alors que retentissait l’air de la danse des chevaliers du « Roméo et Juliette » de Prokofiev. « Blame boum ! Blame boum ! Blame boum ! Balam, Balam, Balam, Balam, Balam, Balam, Balam, Boum…. ». Le plus incroyable dans ce rêve est que j’étais aux commandes. Tout le monde était à mes ordres. Aucun regard railleur ne me défiait. J’étais le maître. C’était grisant. J’aimais cela. Du moins au début car dans mon rêve, j’étais conscient que cet état de grâce était en contradiction avec une situation bien plus réelle, celle que je vis chaque jour. Et dans mon rêve, le rêve puisait dans le réel le cauchemar qui est en moi. La vie, celle de tout mon peuple, celle de l’humanité, la mienne, la leur, défilait dans mon esprit comme une liste de doléances, comme un mur des lamentations, comme une suite d’orgueils, de faiblesses, de défaites et de défis à l’évolution, et la vie avait un passé, un présent, mais pas d’avenir.

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