Une plume qui gratte
Sur un livre éponge
D'autres moments terribles
Où le ciel s'effondre brusquement
Pour révéler... le vide.
Ma manche,
Qui frotte sur ce papier, plus bas :
La soumission des damnés
Qui hurlent en moi un langage trop connu,
Que j'appelle à l'oubli,
Mais qui se révèle
Quand les barrières s'éloignent
Ma respiration bat un rythme qu'altère
Un rhume ô combien doux,
Comparé aux lamentations
Qui soufflent en mon cœur.
Dans la pièce, le silence
Dans ma tête, explose la musique d'Indochine,
Film qui réveilla les vieux démons,
Trop heureux de se rappeler à moi.
Le verre à côté de ma main
Est vide.
Dans cette traversée du désert,
Que d'ordinaire j'évite,
Je ne souhaite point trouver d'oasis
Mais poursuivre jusqu'à trouver
Les vertes vallées, - qui pourtant n'existent
Que dans les rêves -.
Ou bien, tomber dans ce désert
Me permettra peut-être
De toucher le rêve.
Or, si la raison aujourd'hui guide mes pas,
Dur chemin que celui de la raison.
Les sentiers que je laisse sur le bas côté
Sont autant de passés douloureux.
La maison que je construis sur la colline est bien vide
Où sont les souvenir de voyages ?
Où sont les œuvres d'art ?
Où est l'être cher...?
Ces comédiens qui dans tous ces films
Vivent l'aventure
Que j'imagine mienne
Imagine, ô combien douloureux.
Le chemin de la raison est bien dur :
C'est une prison dans une ville,
Dont les barreaux sont tournés vers le désert !
Combien de Christophe Colomb ont brisé ces barreaux ?
Combien d'Anonymes sont restés ainsi
Ne sachant pas
Voir au delà de la ligne d'horizon ?
4 Mai 1992